En marge de l’enquête sur la rémunération des ingénieurs salariés 2011 nous avons interrogé les ingénieurs sur leur satisfaction à l’égard de différents aspects de leur travail, à savoir : salaire, conditions de travail, possibilités d’avancement et de s’accomplir dans le travail, relations avec les collègues et le supérieur immédiat, encouragement et évaluations reçus.

Les résultats

Les relations que les ingénieurs entretiennent avec leurs collègues obtiennent la note la plus élevée, soit 8,3/10

Les personnes ayant trois ans ou moins d’expérience se montrent plus enthousiastes encore à cet égard (8,6/10). Aussi on remarque que les personnes œuvrant en gestion (8,4/10) sont plus satisfaites que celles en recherche et développement (8,2/10). Enfin, les ingénieurs occupant un poste de niveau F+ se montrent les plus satisfaits à cet égard (8,6/10) et ceux de niveau C, les moins satisfaits (8,2/10).

Les ingénieurs accordent la note respectable de 7,9/10 en ce qui a trait à leur relation avec leur supérieur immédiat.

La satisfaction envers son supérieur immédiat décroît lentement, mais de façon constante, des personnes possédant 3 ans ou moins d’expérience (8,2/10), jusqu’à celles en possédant 16 ou plus (7,8/10).

En ce qui a trait à leurs conditions de travail, telles que la durée de la semaine de travail, les vacances annuelles, les avantages sociaux, les ingénieurs accordent la note de 7,7/10.

La satisfaction s’accroît avec le nombre d’années d’expérience, de 7,4/10 chez les ingénieurs ayant 3 ans ou moins d’expérience, jusqu’à 7,9/10 chez ceux en comptant plus de 28. Les ingénieurs œuvrant dans le secteur public sont, et de loin, les plus satisfaits à cet égard (8,4/10), et ceux travaillant dans le secteur manufacturier (7,3/10) ou dans l’industrie de l’information, culturelle et informatique (7,3/10), les moins satisfaits. Les personnes travaillant en gestion se montrent significativement plus satisfaites de leurs conditions de travail (7,8/10) que celles travaillant en génie (7,6/10). Enfin, la satisfaction à l’égard des conditions de travail croît avec le niveau de responsabilité, de 7,2/10 chez les A, à 8,2/10 chez les F+.

Les ingénieurs accordent une note de 7,5/10 à la possibilité de s’accomplir dans leur travail.

Les ingénieurs possédant un PHD (8,0/10), et particulièrement ceux œuvrant en enseignement et recherche (8,4/10), se montrent très satisfaits de cet aspect de leur travail. À l’inverse, ceux œuvrant dans l’industrie de l’information, culturelle et informatique sont les plus critiques (7,2/10). Les personnes ne travaillant pas en génie (7,7/10) se montrent plus satisfaites que celles travaillant en génie (7,4/10). Enfin, la satisfaction croît avec le niveau de responsabilité, de 6,7/10 chez les A, à 8,6/10 chez les F+.

Quant à la satisfaction à l’égard de leur salaire, les ingénieurs y accordent la note de 7,1/10

La satisfaction à l’égard de son salaire s’accroît avec le nombre d’années d’expérience, de 6,6/10 chez ceux en possédant 3 ou moins, à 7,2/10 chez ceux en ayant 16 ou plus. Les personnes œuvrant hors-Québec se montrent plus satisfaites (7,8/10) que celles travaillant au Québec (entre 6,6/10 (Chaudière-Appalaches) et 7,4/10 (Outaouais, reste du Québec)).
Les ingénieurs œuvrant dans les « autres secteurs privés » sont particulièrement satisfaits de leur salaire (7,4/10), alors que ceux œuvrant dans le secteur public sont les moins satisfaits à cet égard (6,8/10).

Les personnes travaillant dans un poste qui n’est pas en génie (7,3/10) sont davantage satisfaites que celles qui travaillent en génie (7,0/10). Ceux œuvrant dans un poste de gestion en sont particulièrement satisfaits (7,5/10).

Enfin, la satisfaction à l’égard du salaire s’accroît avec le niveau de responsabilité, de 6,2/10 pour les A, à 7,9/10 pour les F+.

Les ingénieurs accordent la note de 7,1/10 à l’encouragement et aux évaluations reçus.

La satisfaction à cet égard est plus faible dans le secteur public (6,9/10) et dans l’industrie de l’information, culturelle et informatique (6,9/10) et la plus élevée dans la consultation en génie (7,3/10). Les ingénieurs œuvrant en enseignement et recherche se montrent significativement moins satisfaits (6,7/10), que ceux œuvrant en gestion (7,2/10). Enfin, la satisfaction s’accroît avec le niveau de responsabilité, de 6,8/10 pour les A à 7,7/10 pour les F+.

Les possibilités d’avancement représentent l’aspect qui satisfait le moins les ingénieurs (6,7/10).

La satisfaction décroît avec le nombre d’années d’expérience, de 6,9/10 chez ceux possédant 3 ans ou moins d’expérience, à 6,6/10 chez ceux en ayant 16 ou plus. La satisfaction à cet égard est particulièrement faible dans l’industrie de l’information, culturelle et informatique (6,2/10) et dans le secteur public (6,4/10) et est plus élevée dans la consultation en génie (7,2/10). Les personnes travaillant dans un poste qui n’est pas en génie (6,9/10) sont plus satisfaites de leurs possibilités d’avancement que celles qui travaillent en génie (6,6/10). Celles œuvrant dans un poste de gestion en sont particulièrement satisfaites (7,1/10), alors que celles qui travaillent en recherche et développement sont beaucoup moins optimistes (6,1/10). Enfin, la satisfaction s’accroît de façon importante avec le niveau de responsabilité : la satisfaction des ingénieurs ayant des postes de niveau de responsabilité de A à D varie entre 6,3/10 et 6,6/10, alors qu’elle est de 7,4/10 pour ceux de niveau F et de 7,8/10 pour ceux de niveau F+.

Les ingénieurs se montrent satisfaits de leur travail globalement, lui accordant la note enviable de 7,7/10.

Les ingénieurs ayant plus de 22 ans d’expérience se montrent légèrement plus satisfaits de leur travail (7,8/10), les autres accordant pour la plupart une note de 7,6/10. Les ingénieurs de l’industrie de l’information, culturelle et informatique (7,4/10) et manufacturière (7,5/10) se montrent un peu moins satisfaits de leur travail, ceux des autres secteurs accordant tous une note de 7,8/10.

La satisfaction varie passablement selon la nature de la fonction : 7,5/10 pour les personnes œuvrant en recherche et développement, 7,6/10 pour celles en génie, 7,9/10 pour celles en gestion et 8,1/10 pour celles en enseignement et recherche. De façon générale, les personnes travaillant en génie accordent une note plus faible (7,6/10) que celles n’œuvrant pas en génie (7,8/10). Finalement, la satisfaction à l’égard de son travail croît de façon constante et rapide avec le niveau de responsabilité, de 7,1/10 pour les postes de niveau A, à 8,5/10 pour ceux de niveau F+.

Conclusion

Le tableau qui suit permet, d’un seul coup d’œil, d’apprécier la situation.

Tableau 1 Taux de satisfaction des ingénieurs envers différents facteurs reliés au travail


Dans l’ensemble, les ingénieurs se montrent relativement satisfaits de leur travail (7,7/10). Il appert que, plus ils cumulent d’années d’expérience plus ils se montrent satisfaits de leur salaire et de leurs conditions de travail et parallèlement plus leur niveau de responsabilité augmente et plus ils sont satisfaits de leurs possibilités d’avancement et de s’accomplir dans leur travail.  

De leur côté ce sont les plus jeunes qui manifestent le plus haut taux de satisfaction envers leurs relations avec leur collègues et leur supérieur immédiat.

Toutefois, les possibilités d’avancement que leur offre leur milieu de travail représentent l’aspect qui satisfait le moins l’ensemble des répondants (6,7/10). Le niveau de satisfaction est plus faible parmi ceux qui sont en début de carrière ou qui travaillent dans le secteur public ou de l’information. On y retrouve aussi une plus grande concentration d’ingénieurs que l’on peut associer à la filière technique par opposition à gestion. Cette situation est tout à fait cohérente avec la dynamique du travail, en effet ceux qui œuvrent du côté technique voient leur progression s’arrêter plus tôt que ceux qui choisissent la gestion. Il appert que l’évolution de la satisfaction face aux possibilités d’avancement est complexe et associée à plusieurs conditions.